Deux semaines plus tôt, s’est tenue en Europe, à Londres plus précisément, la rencontre Internationale de l’Internet Engineering Task Force (IETF), communauté Technique internationale ayant pour mission de « penser » l’Internet de « demain » (ou d’aujourd’hui, selon que) afin de l’améliorer et de faire en sorte qu’il réponde le mieux aux besoins de tous.

Mon ami @OngolaBoy a posté un tweet qui a attiré mon attention :

IETF89

Le lien ( ici ) présent dans ce tweet nous montre la participation individuelle de chaque pays du globe à l’événement. Premier constat assez frappant : le taux de participation des USA ; environ 570 participants venant des Etats-Unis étaient attendus à cette rencontre ! Faut avouer que ça en fait de l’effectif, à eux seuls ils représentent l’effectif cumulé du tiers des inscrits. 🙂

A l’autre extrémité de la « ligne » c’est la très faible participation Africaine en général et Camerounaise en particulier qui a captivé mon attention.

Loin des débats sur le degré d’objectivité des ateliers tenus lors de ce type de rencontre car on peut dire ce qu’on voudra mais il y’a certainement quelque chose d’utile qui en ressort, je ne pense pas qu’il serait mauvais d’y être présent. Le futur des solutions technologiques que nous utiliserons (et dont nous utilisons déjà) est discuté dans ces rencontres internationales, y prendre part c’est aussi faire entendre sa voix, s’enrichir d’échanges fructueux avec d’autres membres de la communauté et bien plus.

Lorsqu’on regarde l’écosystème des « penseurs » de l’Internet aujourd’hui, l’Afrique n’as pas vraiment ce qu’on appellerait une place enviable. Mais à qui la faute ?

La participation à plusieurs de ces rencontres est généralement ouverte à tous ceux qui veulent bien faire le déplacement (physique ou virtuel parfois), dans certains cas même, des programmes de fellowship sont prévus. Ces programmes de fellowship permettent à des acteurs locaux n’étant pas financièrement pourvus de prendre part à ces rencontres Internationales avec un soutien pour la prise en charge de leur voyage et/ou leur hébergement une fois sur place.

De plus, la participation à la définition, l’élaboration et la mise en oeuvre des améliorations des anciens et nouveaux protocoles pour l’Internet ne se fait pas uniquement lors de ces rencontres périodiques : loin de là, c’est aussi le fruit d’échanges électroniques par mailing-lists thématiques en fonction des groupes de travail. Mais même là aussi, c’est vraiment pas l’affluence coté participation Africaine. 

Mais il se pose aussi à la base un problème d’intéressement : est-ce que nos acteurs locaux du développement de l’Internet, étatiques, privés et communautaires, s’intéressent à ce qui est fait lors de ces rencontres/ateliers ? que faut-il faire pour susciter plus d’engouement de ces derniers sur le sujet ?

Ne l’oublions jamais, la politique du siège vide ne profite qu’aux présents ! On pointera parfois le doigt sur les Etats Unis d’Amériques, à cause de leur gestion plus ou moins “privée” de certains aspects vitaux de l’Infrastructure de l’Internet mondial, mais n’oublions pas aussi qu’il peuvent se le permettre car à la base ils étaient bien là. Avec près d’un tiers de la participation globale à l’IETF89, on peut aisément imaginer à quel point leurs façons d’apprécier plusieurs des sujets débattus ont de fortes chances de se faire valoir, ne fusse que de part leurs multiples contributions techniques.

P.S : à titre indicatif, le programme d’obtention des bourses pour la participation au prochain meeting de l’IETF, baptisé IETF90, qui se tiendra du 20 au 25 Juillet prochain au Canada est déjà ouvert et accessible par ici http://www.internetsociety.org/ietf-fellows

Valdes T. Nzalli